HAZWEIESS N°192, mars 1909
Introduction
Exposition de Nancy
Programme congrès pharmacie
Programme congrès UNAGEF
HAZWEIESS N°194, mai 1909
Organisateurs UNAGEF
Congrès de pharmacie
Remise du drapeau
HAZVEIESS N°195, juin 1909
Compte rendu du Congrès de l'UNAGEF
Compte rendu du Congrès de Pharmacie
Les réceptions du vendredi
Séance d'ouverture du Congrès de l'UNAGEF
Congrès pharmacie (suite)
La soirée
La journée de samedi - UNAGEF
La journée de samedi - pharmacie
A la salle Poirel et Concert Place Stanislas
La journée de Dimanche - cloture
HAZWEIESS N°196, juillet 1909
Voeux des congrès
L'après-midi
Les congressistes à Gerardmer et en Alsace
Le retour à Strasbourg
Je disais donc qu'on venait, quoiqu'en nombre bien restreint, de prendre place sur l'amphithéâtre de la salle de physique, quand un de nos membres se précipita dans la salle, et vociféra, malgré son essoufflement et son épuisement général, causé par la course après ses confrères, les mots laconiques : " Les Nancéens sont là ! ". On peut bien s'imaginer quel fut l'effet que provoquèrent sur nous ces quatre mots, tandis que nos chers " Kommilitonen" nous regardaient tout hébétés, plier bagages, endosser nos pardessus et filer. C'était le chasseur de M. Henri Wolff qui nous avait porté la nouvelle en disant qu'on nous attendait au " Pêcheur ". Mais à notre grand désagrément nous apprenions, en arrivant là-bas, que les Nancéens étaient allés se balader à travers les rues. Il ne nous resta donc qu'à battre la ville en nous partageant en deux bandes. Après une course bien longue et bien fatigante noirs arrivâmes à les dénicher à la Cathédrale, mais pas comme vous penserez peut-être, en train de dire des pater, non, ils étaient là réunis au bas de l'illustre horloge tandis qu'un suisse dont l'énorme ventre était contenu par un habit râpé et crasseux, leur expliquait avec le ton d'une machine remontée, les mouvements de l'antique chronomètre. Le coq chanta pour la première fois et on se trouva, il chanta pour la seconde fois et on se serra la main et quand le coq chanta pour la troisième fois on se sentait déjà amis. Espérons que ce coq, emblème de la Gaule, sanctifie encore bien souvent par son chant clair et son battement d'ailes l'union amicale des fils des deux pays. Après avoir admiré le chef-d'oeuvre on alla rejoindre encore plusieurs étudiants nancéens qui avaient préféré voir monter la garde par la Hauptwache à la place Kléber. De là on se rendit au " Pêcheur " où un bon dîner qui faisait tout honneur à monsieur Wolff attendait nos invités. Quelques-uns de nous dînèrent avec eux, et certes aucun ne montrait une mine mélancolique, au contraire on était fort gai. Pour le dessert les membres du P. V. E. L. se réunirent avec nos invités et tout en prenant le café, chansons et couplets se succédèrent. Comme la plus part de nos confrères n'avaient pas vu encore la ville de Strasbourg on se proposa de visiter les curiosités de la ville. On descendit le Broglie voir le Théâtre et ensuite le Palais impérial. Mais drôle de coïncidence, comme il y avait eu un grand bal dans la soirée précédente, il était interdit de visiter le palais. De là on passa près de la Bibliothèque, la Chambre des députés, et par la belle cour de la Poste pour se rendre à l'Université, où le Hausmeister conduisait nos hôtes, et ensuite visiter nos laboratoires chimiques et surtout l'institut pharmaceutique. Ce furent surtout les laboratoires qui intéressèrent nos amis, étant du "métier". On présentait ces messieurs aux assistants messieurs les docteurs Weitz et Strauss qui tous furent très gentils. Mais avant tout, ce fut monsieur le professeur docteur Schaer qui se montra très prévenant envers nos collègues, et après leurs avoir causé plus longuement il pria son assistant le docteur Stadler de nous faire visiter l'institut du haut en bas. Les Nancéens nous envièrent de notre institut si confortablement bâti en comparaison avec leur école de pharmacie. Ensuite on se mit en tramway pour visiter le Rhin. Comme on causait tout le temps ce n'était pas étonnant qu'on eut la gorge sèche en arrivant là-bas ; on poussa donc jusqu'à Kehl à "l'hôtel de la Fleur" pour faire goûter à nos Nancéens un bon verre de bière de Munich. Rentrés à Strasbourg on soupa et se rendit ensuite au banquet des étudiants alsaciens-lorrains. Nos invités se sentirent tout à fait chez eux et le programme déroulé, tout le monde se leva en chantant à pleins poumons, et sous un tonnerre de bravos, les airs qui étaient les compagnons de nos pères et ancêtres du temps de la gloire et liberté de notre pays Comme une bagarre avec les " Korpsstudenten " était à craindre, nous jugeâmes plus prudent de retenir nos invités au monôme traditionnel (qui avait attiré une foule énorme cette année-ci et maint vieux spectateur se sentait ému de cet hommage), et toute la bande ainsi qu'un très grand nombre de nos amis, se rendit au " Pêcheur " ou l'on s'amusa fort bien, après un bon café préparé par Maman Wolf elle-même, un bol de vin chaud suivait l'autre tandis qu'on chantait et riait jusqu'à quatre heures du matin. Mais nos Nancéens semblaient infatigables ; quoiqu'on leur ait retenu des chambres, ils ne voulaient pas prendre le repos. Ils firent une tournée artistique dans différents caboulots renommés de Strasbourg, et je crois qu'ils se sont fort bien amusés cette nuit là. Tandis que nous autres nous nous éclipsions l'un après l'autre pour nous ficher " au pieu " nos hôtes goûtèrent encore quelques bons vins d'Alsace. Lorsque le jour se leva, ils allèrent faire une petite promenade pour rafraîchir les têtes échauffées.
Malheureusement ils durent nous quitter déjà à dix heures du matin, car chez eux à Nancy on est obligé d'apparaître très régulièrement aux cours ; pauvres garçons qui auraient tellement aimé rester encore un jour dans les murs de ce cher Strasbourg où ils se sentaient tout à fait chez eux parmi nous. On pense bien que ce fut une dure journée pour nous autres, mais bien gaie. Mais on se revanchera ! Fin mai ce sera notre tour de visiter nos collègues nancéens et alors ce sera à nous d'éprouver le doux sentiment d'être traité en frères et camarades par ses voisins quoique nous soyons séparés par le gouvernement.
TABERNENSIS
Exposition de Nancy.
Ce sera dans ce beau mois de mai qu'aura lieu l'ouverture de l'exposition de Nancy. Une coïncidence heureuse a voulu que Nancy a été choisie pour deux congrès des Associations d'étudiants et qui doivent se passer dans ce mois de mai et ne sera-t-il pas pour le moins l'Exposition qui exercera une attraction tout à fait spéciale sur les disciples de la science. Ce seront le congrès général des associations d'étudiants et le congrès des étudiants en pharmacie. On a aussi pensé à nous, et notre association a été invitée à prendre part comme hôte aux deux congrès et nous donnons ci-dessous les programmes qui coïncident comme on le voit pour bien des arrangements. Nous avons accepté et nous prions ceux de nos amis et membres qui désirent participer de nous expédier leur adhésion sur quoi nous leur adresserons tous les détails nécessaires concernant le voyage, alimentation et logement. Un rabais de 50 % par congressiste sur toutes les compagnies de chemins de fer est déjà annoncé.
En jetant les yeux sur l'emploi du temps on verra que l'utile à été combiné à l'agréable par l'organisation des fêtes les plus brillantes à côté des séances du congrès. Nancy, qu'on a surnommée "la Coquette" intéressera ses visiteurs au haut point par son architecture Louis XV, et la première exposition d'aviation sera un passe-temps aussi instructif que varié. Ce numéro contiendra les copies des affiches de ces congrès exécutés par la main habile de Monsieur Schott étudiant des lettres.
PROGRAMME :
Jeudi 20 mai
- Arrivée des congressistes désignation des logements.
- Soir 8 heures et demie : Réception officielle par l'Association amicale des Étudiants en Pharmacie de Nancy.
Vendredi 21 mai
- Matinée 9 heures : Visite à la Société générale des Etudiants.
- 10 heures : Visite aux autorités.
- Après?midi 2 heures: Visite au Directeur de l'Ecole de Pharmacie.
- 3 heures : Séance d'ouverture du Congrès.
- Soir 8 heures et demie : Punch au Cercle des Étudiants.
Samedi 22 mai
- Matinée : Séance du Congrès.
- Après?midi : Grand festival à l'Exposition.
- Soir : Soirée de gala à la salle des fêtes de l'Exposition.
Dimanche 23 mai
- Midi: Banquet officiel du Congrès national des Étudiants en Pharmacie.
- Soir 6 heures et demie: Banquet de l'Union nationale des associations d'Étudiants.
Lundi 24 mai
- Matinée: Séance de clôture dit Congrès.
- Après-midi : Visite d'usines (brasseries, hauts fourneaux, etc. . .)
Programme des fêtes
Jeudi 20 mai
- Arrivée des Congressistes dans l'après-midi.
- A 6 heures : Réception des délégués au Cercle. A 8 heures et demie: Punch au Cercle et grande vadrouille.
Vendredi 21 mai
- Matinée : Visite aux autorités (vin d'honneur).
- Après-midi : Séance solennelle d'ouverture du Congrès. Réunion des Commissions.
- Soir : Punch, fête intime an Cercle.
Samedi 22 mai
- Matinée : Réunion du Comité de l'Union Nationale. Commissions, Rapports.
- Après-midi : Repas offert aux délégués officiels.
- Après?midi : Visite facultative d'usines (brasseries, verreries, hauts-fourneaux, etc.... ).
- A 4 heures : Grand festival à l'Exposition. Tournoi d'Épée (Exposition).
- Soir : A 9 heures, Soirée de Gala à la Salle (les Fêtes de l'Exposition, avec le concours d'artistes de Paris.
Dimanche 23 mai
- Matinée : Séance solennelle de clôture du Congrès
- Après?midi : Réjouissances variées à l'Exposition. Continuation du Tournoi d'Épée.
- Soir : 6 heures et demie, Banquet officiel.
Lundi 24 mai
- Départ à 6 heures du matin par train spécial pour Gérardmer. Ascension (tramway) de la Schlucht Hohneck
- A 9 heures soir : Retour à Nancy, dislocation officielle.
HAZWEIESS N° 194, mai 1909
PRÉSIDENTS D'HONNEUR : MM. Bonnet, Préfet de Meurthe-et-Moselle ; le Général Pau, Commandant le XXè Corps d'Armée ; Georges, Premier Président de la Cour d'Appel ; Adam, Recteur de l'Université, Correspondant de l'Institut ; Beauchet, Maire de Nancy.
MEMBRES DU COMITÉ D'HONNEUR : MM. R. Poincaré, Ancien Ministre, Sénateur de la Meuse, Membre de l'Académie Française, Président du Comité de Patronage de l'Union Nationale des Associations d'Étudiants ; Mézières, Sénateur de Meurthe-et-Moselle, Membre de l'Académie Française, Membre du Comité du Patronage de l'Union Nationale des Associations d'Étudiants, Président d'honneur de la Société Générale des Étudiants de Nancy ; Blondlot, Professeur à la Faculté des Sciences de l'Université de Nancy, Président d'honneur de la Société Générale des Étudiants de Nancy ; Méline Ancien Ministre, Sénateur des Vosges ; Henry Bouclier, Ancien Ministre, Sénateur des Vosges ; Général Langlois, Sénateur de Meurthe-et-Moselle ; Charles Humbert, Sénateur de la Meuse ; Le Comte d'Alsace, prince d'Hénin Sénateur des Vosges ; Albert Lebrun, Député de Meurthe-et-Moselle ; Ferri de Ludre Député de M.-et-M. ; Louis Marin, Député de M.-et-M ; Jean Grillon, Député de M.-et-M. ; Dr. Chapuis, Député de Motel. ; Raoul Méquillet, Député de M.-et-M. ; René Grosdidier, Député de la Meuse ; A. Lefébure, Député de la Meuse ; Albert Noel, Député de la Meuse ; Ferrette, Député de la Meuse ; Charles Krantz, Député des Vosges ; M.. Flayelle, Député des Vosges ; Marc Mathis Député des Vosges ; E. Fleurent, Député des Vosges ; H. Schmid Député des Vosges ; Abel Ferry, Député des Vosges ; Dr. Colin, Député des Vosges ; Ch. Furby, Procureur Général ; Floquet, Doyen de la Faculté des Sciences ; Dr. Gross, Doyen de la Faculté de Médecine ; R. Blondel, Doyen de la Faculté de Droit ; Godfrin Directeur de l'Ecole Supérieure de Pharmacie ; B. Auerbach, Doyen de la Facultê des Lettres ; H. Vogt, Directeur de l'Institut Électrotechnique et de Mécanique appliquée ; Danis, Directeur de l'Ecole Supérieure de Commerce ; H. Lorentz, Ancien Président, membre du Comité de Patronage de l'Union nationale.
COMITÉ D'ORGANISATION : Président: Julien Féry, Président de la Société Générale des Étudiants de Nancy. Trésorier de l'Union Nationale ; Vice-Présidents : A. Kahn et E. Languepin, Vice-présidents de la S. G. E. Commissaire Général : R. Joffroy, Secrétaire de la S. G. E. ; Secrétaire: J. Robert, Membre du Comité de la S. G. E. ; Trésorier : T. Aubry, Membre du Comité de la S. G. E. ; Commissaires-adloints : A. Guyot, L. Cuny, Membres du Comité de la S. G. E. ; A. Gérard, et les Membres du Comité de la S. G. E.
TRAVAUX DU CONGRÈS
PREMIERE COMMISSION
Questions Universitaires 1° Création d'une Université à Alger : Rapporteur Dr. Ciavaldini, Vice-Président de l'Union Nationale, ancien Président de l'A. d'Alger. 2° Situation des Professeurs anciens boursiers de lettres au point de vue de la retraite : Rapporteur, Marc Barry, ancien Trésorier de l'Union des Étudiants de l'État, à Lille. 3° L'équivalence des diplômes Rapporteur, X. 4° l'enseignement technique : Rapporteur, Languepin, Vice-Président de l'A. de Nancy.
Des vœux seront présentés, notamment par les sections d'Etude de l'Union des Étudiants de l'Etat de Lille et par le camarade Mareschal Président de l'Association des Étudiants de Dijon.
DEUXIEME COMMISSION
Administration des Associations d'Etudiants. 1° Les impôts payés par les A. d'Étudiants, notamment l'impôt de Cercle : Rapporteur, Chaumont, Président de l'Union Nationale, ancien Président de l'A. de Dijon. 2° La reconnaissance d'utilité publique des A. d'Étudiants : Rapporteur, J. Féry, Trésorier de l'Union Nationale, président de l'A. de Nancy.
TROISIEME COMMISSION
Amélioration de la vie matérielle de l'Étudiant. 1° Les maisons d'Étudiants : Rapporteur, H. Lorentz Membre du Comité de Patronage de l'Union Nationale, ancien Trésorier de l'Union Nationale, ancien Président de l'A. de Nancy. 2° Le Restaurant coopératif d'Étudiants : Rapporteur, A. Kahn, Vice-Président de l'A. de Nancy.
Nota. - Une communication en Assemblée Générale sera faite par le camarade Lafontaine, Secrétaire de la Corporative de Médecine de Paris, sur l'administration et les avantages des Corporatives.
L'Association amicale des Étudiants en pharmacie de Nancy organise pour le mois de mai 1909 le deuxième Congrès d'Étudiants en pharmacie.
Le premier Congrès s'était tenu à Paris en décembre 1907. Bon nombre de Facultés y étaient, représentées, d'importantes questions y avaient été discutées, mais malheureusement l'on ne pût donner suite aux résolutions prises.
L'Association de Nancy s'est proposée de reprendre l'étude de ces questions. Nancy était du reste toute désignée pour être le siège de ce deuxième Congrès en raison des attraits tout particuliers qu'elle présentera cette année : les étudiants en pharmacie seront fiers en effet de pouvoir faire admirer à leurs camarades des autres Universités, leur belle cité dans toute sa parure, avec l'Exposition internationale de l'Est de la France et la première exposition d'aviation, avec le troisième Congrès de l'Union Nationale des Associations d'Étudiants et les grandes fêtes universitaires qui auront lieu à cette occasion.
Un Comité d'organisation formé au sein de l'Association amicale s'occupe activement de mener à bien la tâche qu'il s'est imposé. Il est composé de MM. : Président: Cloris ; Vice?présidents : Ehrwein, Larue, Godfrin ; Secrétaire-adjoint: Bastien; Trésorier : Charpentier ; Commissaire spécial Veynante.
Le premier soin de ce Comité fut de solliciter l'appui des autorités universitaires et civiles de Nancy en même temps que celui de nombreuses personnalités pharmaceutiques. Toutes lui ayant assuré leur bienveillant concours, il a pu constituer son Comité d'honneur du Congrès avec le haut patronage de :
M. le Recteur de l'Université ; M. le Préfet de Meurthe-et-Moselle ; M. le Maire de la ville de Nancy ; M. Schmid, pharmacien, député des Vosges.
La présidence d'honneur de : M. Jacquemin, directeur honoraire de l'École supérieure de pharmacie; M. Godfrin, directeur de l'Ecole supérieure de pharmacie.
Membres d'honneur : MM. Klobb, professeur à l'Ecole de pharmacie ; Guérin, professeur à l'Ecole de pharmacie ; Brunotte, professeur à l'École de pharmacie ; Favrel, professeur à l'École de pharmacie ; Grélot professeur à l'Ecole de pharmacie ; Girardet, professeur agrégé à l'Ecole de pharmacie ; Bruntz, chargé de cours ; Lafontaine, président de l'Association des anciens élèves de l'École supérieure de pharmacie de Nancy ; Greiner, président de la Société Lorraine de pharmacie ; les anciens présidents de l'Association amicale des étudiants en pharmacie de Nancy.
Se sentant ainsi soutenu et persuadé de la réussite de soir entreprise, le Comité d'organisation vient d'adresser un appel à un grand nombre d'Associations d'Étudiants en pharmacie, pour les inviter à participer à cette manifestation qui comprendra, à côté d'un programme de fêtes les plus brillantes, un vaste programme de travail amplement justifié par l'intérêt que présente à l'heure actuelle l'évolution scientifique et professionnelle elle de la pharmacie.
Il n'est pas douteux maintenant que cette manifestation estudiantine n'obtienne le plus grand succès. Nombreuses seront les Associations d'Étudiants en pharmacie qui répondront à l'appel de l'Association de Nancy. Elles viendront admirer la cité et en même temps goûter la bonne et franche camaraderie Lorraine.
Toutes en garderont longtemps le souvenir. Le Congrès de 1909 sera inscrit dans les annales de toutes les Associations d'Etudiants en pharmacie et en particulier sur celles de l'Association de Nancy.
Le Secrétaire, GODFRIN.
L'organisation de la soirée de gala, prévue pour le samedi 22 mai, à la Salle Poirel (théâtre municipal), remportera, nous en sommes persuadés, un immense succès Mlle Robinne et MM. Bruno et de Féraudy, de la Comédie Française, nous donneront la primeur d'une pièce inédite de M. Edmond Rostand. Nous nous sommes assurés ; entre autres, le concours de M. Cazeneuve et de Mlles Mante, de l'Opéra, ainsi que de Mlle Lucy Vauthrin, de l'Opéra Comique. Quant à la partie concert, elle sera brillamment remplie grâce à l'orchestre de l'Association des anciens musiciens militaires, sous l'habile direction de son excellent président d'honneur, M. Millot. Le programme est déjà jusqu'à présent fort alléchant, nul doute qu'il ne charme et ravisse tous nos congressistes.
Invitation aux étudiants de Pharmacie Strasbourg à l'occasion de la remise du drapeau de l'Association des Etudiants de Pharmacie de Nancy
TOUS NOS BONS, BRAVES ET VALEUREUX ESTUDIANTS DE LA MOULT VIEILLE ET ANTIQUE ESCHOLE DE STRASSBURG ....
salut ! Très chers companigs.
Vous tous qui dépérissez en la sombre nuit des caveaux, qui recherchez avec ardeur la pierre philosophale, qui humez avec délices les esprits méphitiques s'échappant de vos cornues et de vos creusets ; et qui, la vesprée venue, pâlissez à la lueur falote d'un misérable quinquet sur des chiffres bizarres et crochus.
Oyez bien ceci!!!
Une grande manifestation se présente, si grande que oucques n'avons vu et ne verrons la pareille ! Vous recevrez le jeudi sixième jour du mois de May fleuri à la cinquième heure passé la méridienne, en la grande nef de l'Amphithéâtre des Lettres: Vous recevrez, dis?je, des mains du Haut et puissant seigneur le Recteur de l'Université, et de la part de moult gentes Dames ses généreuses donatrices, devant une foule en liesse, l'étendard aux couleurs pharmaceutiques surmonté du chardon lorrain, qui conduisa ses chevaliers, parmi les voies difficiles, à l'honneur et à la plus grande glorification de la vieille Eschole.
Accourez en foule à l'appel du héraut, et, le béret crânement posé sur l'oreille, venez saluer de vos plus longues ovations le symbole cher à tous.
Puissiez vous gouster les plus longues félicités en Hippocrate et Galien ....
Ainsi soit il
LE COMITÉ.
REMISE DU DRAPEAU DE L'ASSOCIATION AMICALE DES ÉTUDIANTS EN PHARMACIE DE NANCY.
Ce fut une grande Fête pour l'Association Amicale des Étudiants en Pharmacie de Nancy que la date du 6 mai 1909, elle figurera en lettres d'or dans ses annales et restera longtemps gravée dans la mémoire de ses membres. Dans une imposante cérémonie, elle reçut de la main de M. le Recteur de l'Université, un magnifique étendard à l'emblème pharmaceutique et aux couleurs lorraines, offert généreusement par les dames des professeurs de l'École Supérieure de Pharmacie.
L'amphithéâtre de la Faculté des lettres avait été mis à sa disposition pour cette solennité et c'est devant une nombreuse et brillante assistance parmi laquelle on remarquait MM. les Doyens et les membres du Conseil de l'Université, MM. les professeurs de l'École de Pharmacie, les représentants de MM. le préfet de Mth. et Melle. et le Maire de la ville de Nancy, le Président de la Société des Amis de l'Université, et de l'Association des anciens élèves de l'École Supérieure de Pharmacie, que M. Cloris, Président de l'Association Amicale des Etudiants en Pharmacie a pris la parole pour présenter l'Association, dire ce qu'elle fut depuis 1901 date de sa fondation, ce qu'elle est maintenant et ce qu'elle comptait faire. Pour son début dans l'action elle organise le 2è Congrès national des Étudiants en Pharmacie de France pour soutenir et défendre les intérêts communs. Pour aller à la bataille et soutenir la lutte il lui fallait un emblème, un signe de ralliement. C'est le drapeau que M. le Recteur voulait bien lui remettre au nom des darnes de professeurs de l'École de Pharmacie et ses généreux donateurs.
M. le Recteur dans un discours fort applaudi, félicite, les Étudiants de leur initiative, exprime le plaisir qu'il éprouve de présider cette cérémonie, car les occasions qu'il a de se trouver au milieu d'eux sont trop rares à son gré. L'Association des Etudiants en Pharmacie a bien choisi son moment pour montrer sa vitalité, car l'École de Pharmacie elle?même est à la veille de prendre un nouvel essor. Puis il adresse, un souvenir ému à la vieille école de Strasbourg dont Nancy est l'héritière directe, à ses anciens professeurs, à ses savants ; les Etudiants de la nouvelle Ecole n'auront qu'à marcher sur la trace de leurs aînés.
M. le Directeur Godfrin prend ensuite la parole pour manifester son contentement de voir les Étudiants ainsi groupés et unis ; leur emblème brodé sur le drapeau avec cette devise : " in his tribus versantur " leur indique un vaste champ de nouvelles recherches scientifiques ; ils travailleront ensemble dans le but élevé de rendre service à la Patrie et à l'humanité.
En quelques mots le Président de l'Association remercie M. le Recteur d'avoir bien voulu présider cette fête et les Dames présentes d'avoir " traité l'Association en enfant gâté " ; ce superbe drapeau sera, dit?il, notre porte bonheur et nous ferons notre possible pour nous en montrer dignes.
Pour rehausser l'éclat de cette fête la Société Générale des Etudiants de Nancy avait envoyé une délégation officielle avec son Président et son drapeau. Les Etudiants Alsaciens-Lorrains avaient tenu aussi à s'associer à la joie de leurs amis de Nancy et une délégation composée de M. Vogelweith, Président de l'Association des Etudiants en Pharmacie Alsaciens-Lorrains et de deux de ses camarades, se trouvait à cette cérémonie, faisant flotter le drapeau de la vieille École de Strasbourg, qui n'avait pas vu la terre française depuis 1870.
La cérémonie terminée, les drapeaux furent conduits en cortège à la Société Générale des Etudiants. Le Président Féry, en un discours très éloquent, présente la jeune Association, son drapeau et au milieu de l'enthousiasme général adresse des paroles de bienvenue aux délégués Alsaciens-Lorrains ; leur Président Vogelweith ; leur drapeau. Cette allocution est accueillie par de chaudes acclamations et de nombreux vivats à Strasbourg et aux Etudiants Alsaciens?Lorrains. Un champagne d'honneur offert par l'Association des Etudiants en Pharmacie termine joyeusement cette fête.
A 8 heures et demie une Soirée de Gala organisée par la Société Générale des Étudiants réunit tout le monde dans un même, élan de gaîté. La section de Comédie ainsi que les Etudiants Bigophonistes Nancéiens avaient prêté très gracieusement leur concours ; artistes et musiciens rivalisèrent d'entrain et furent longuement applaudis.
Après un "laius" du Président Féry, quelques mots de remerciements des Présidents Vogelweith et Cloris et les Paternels conseils du camarade Simpol, la joyeuse assemblée se dispersa par un guilleret clair de lune.
Le secrétaire de A. d. E. eu Ph.
L. GODFRIN.
Comme le démontre l'article ci?devant une délégation de notre société avait donnée suite à l'aimable invitation et jeudi après?midi elle s'embarquait pour Nancy accompagnée à la gare de notre Dr. 0 . . . qui lamentait de ne pas avoir emporté l'habit noir pour pouvoir être des nôtres.
L'accueil à Nancy fut des plus parfaits, à l'arrivée du train un grand nombre d'Étudiants de toutes les facultés et coiffés du béret nous attendaient et après des cordiales poignées de mains un peu de toilette " aux deux Hémisphères " on se rendait à l'Université.
Pendant ce temps nos Camarades de Nancy nous avaient gracieusement monté notre drapeau et à notre entrée une assistance élégante et nombreuse remplissait déjà la salle. Salués par quelques amis (du mois de janvier) du haut des galeries nous nous postions sur l'estrade et aussitôt la solennité terminée le recteur Monsieur Adam venait saluer notre drapeau et après quelques présentations en grand cortège au Cercle. Après un bon souper à l'Hôtel de l'Univers nous retournions au Cercle et Dieu sait comment, que nous nous sommes amusés. Une tournée artistique, y suivait un petit boulot chez le père Picquet et alors le sommeil nous embrassait. Le lendemain réveillés par les sons clairs d'une Musique militaire et des clairons, nous étions debout de bonne heure et bientôt en route avec quelques aimables camarades pour l'Exposition. Nous devions être agréablement surpris à la Taverne alsacienne de voir une dizaine de jeunes Alsaciennes dans leur costume national et en nous approchant nous en identifions quelques-unes comme vieilles connaissances. En dégustant le café chez elles après un chic déjeuner au grand restaurant de l'Exposition nous pouvions assister au débarquement des Sénégalais fort amusant au son des mirlitons de nos compagnons.
Rentrés en ville passant encore quelques curiosités, nous nous quittâmes avec la promesse de bientôt se revoir, et dans l'agréable société de deux jeunes dames russes notre voyage de retour s'effectuait à merveille. Nous tenons à encore remercier nos amis de Nancy à cette place de leur charmante hospitalité.
KÄTHY.
Compte Rendu du Congrès
LES ETUDIANTS ALSACIENS-LORRAINS AUX CONGRES DES ETUDIANTS DE NANCY
Cet honneur d'un congrès fait à la jeunesse universitaire lorraine, lui était dû ! La " Société générale des étudiants " de Nancy est, en effet, la mère des associations d'étudiants de France, puisque sa fondation remonte au 8 décembre 1877 et que ses statuts ont servi de modèle à tous les groupements d'étudiants.
Le départ pour Nancy.
Le jeudi 20 mai, jour de l'Ascension, une délégation de 18 jeunes gens, étudiants alsaciens?lorrains représentant les diverses facultés de l'Université de Strasbourg, s'embarquait par différents trains, à destination de Nancy, pour assister dans cette ville au troisième congrès des associations d'étudiants. Nous étions entre autres différents pharmaciens désireux de remplacer notre société au deuxième congrès des étudiants en pharmacie dont les assises devaient se tenir également à Nancy à la suite du premier congrès. Il fallait voir avec quel entrain tous se mirent en route, après avoir reçu à la gare les adieux de leurs camarades qui avaient tenu à les accompagner et à leur donner les recommandations suprêmes pour le voyage. On ne sait jamais ce qui peut arriver !
Comme on avait promis aux délégués alsaciens qu'ils trouveraient à leur arrivée à Nancy les bérets commandés à la maison Reynaud, chacun avait mis pour le voyage la coiffure qui lui semblait la plus pratique, heureux de n'avoir pas le hideux tuyau de poêle. On admirait tout particulièrement l'ami B. qui coquettement avait arboré une casquette de jockey, d'une nuance verte indéfinissable. Hélas ! Reynaud fut infidèle à sa parole ! Les bérets ne furent livrés que le lendemain de l'arrivée des congressistes, ce qui força ceux?ci à prendre part an cortège avec leurs couvre?chefs de voyage. Et c'est ainsi que la casquette de jockey de ce brave B. fut à l'honneur comme elle avait été à la pluie. Mais n'anticipons pas !
A Saverne, on se précipite aux fenêtres du wagon pour saluer M. Deutsch, l'honorable pharmacien, venu pour serrer la main à ses jeunes camarades et leur souhaiter bon voyage.
Avricourt ! Tout le monde descend ! Et nos délégués aussi. On passe la douane, et sans encombre. Nous n'avons même pas à déclarer la caissette de cigares trouvée en route et que, grâce à mes remontrances énergiques on a tranquillement laissée où elle était. La visite des bagages effectuée, on remonte dans le train plus joyeux que jamais. Et voici qu'un épisode sentimental vient mettre une note délicieuse mais de trop courte durée, hélas ! dans notre voyage. En wagon nous nous trouvons de compagnie avec une charmante jeune fille d'Épinal et bientôt de doux propos s'échappent entre elle et l'un des nôtres. Mais à Blainville elle nous quitte, et l'ami - non ! je ne le nommerai pas pour ne pas rouvrir une blessure encore mal fermée - reste là avec un doux souvenir de plus. Elle avait disparu cette belle illusion.
L'arrivée à Nancy.
Bientôt ses regrets amoureux vont s'effacer devant d'autres émotions. Nous entrons en gare de Nancy. A la descente du train, nous sommes entourés par une foule d'étudiants. Ce sont des appels, des cris, des présentations, des serrements de mains et au milieu de cette foule grouillante et joyeuse se dressent fièrement de nombreux drapeaux d'associations. Un groupe de camarades nancéiens s'est emparé de nous et de nos bagages. On nous entraîne et en route ! Avant d'être bien revenus à nous, nous nous trouvons déposés aux " Deux Hémisphères ". C'est à l'Hôtel de l'Univers que seront pris les repas à l'exception naturellement des banquets officiels et aux " Deux Hémisphères " que l'on dormira, si l'on en trouve le temps.
L'arrivée des Congressistes
Jeudi, durant toute la matinée, régna une animation inaccoutumée au Cercle des Étudiants ; le comité, les commissaires prenaient les dernières dispositions, surveillaient la décoration de l'hôtel et de la salle, pendant que les bigophones, stimulés par leur chef Jean Gérard…astiquaient leurs instruments.
Entre l'hôtel des étudiants et la gare, ce fut durant toute la journée un défilé ininterrompu de congressistes, escortés par des étudiants joyeux, portant les bagages de leurs invités, les pilotant, les tuyautant sur les dessous de ce Nancy inconnu, qu'ils trouvaient en fête.
L'étonnement des Nancéiens et des cousins de Pentecôte précoces venus en grand nombre fut grand en voyant toute cette jeunesse exubérante aux coiffures chatoyantes, parcourir nos rues pavoisées.
Il en vint de partout : à 8 heures du matin arrivaient les délégués de Dijon, Montpellier et Alger, à midi une partie de Strasbourg.
A 1 heure, les bigophones précédés de MM. Chaput, Guyot, Gérard et Collet, reçurent en musique, sur le quai de la gare, les étudiants de Poitiers, de Paris et Toulouse.
Ce furent à 3 heures ceux de Besançon, de Lille, d'Aix, Marseille.
Et chaque fois les bigophonistes précédant le cortège et suivis des drapeaux et bannières, les étudiants descendaient par les rues de Serre et la place Carnot, jusqu'au Cercle, puis se répandaient dans la ville, sur le champ de foire, à l'Exposition.
Entre temps, arrivèrent les délégués de Stockholm, Upsal et une deuxième partie de Strasbourg, auxquels il fut fait une ovation enthousiaste.
Très émus les Strasbourgeois serraient les mains cordialement tendues vers eux et se joignaient à leurs camarades de France.
Enfin à 6 heures, eut lieu la réception des Amiennois, Rèmois et Bruxellois.
C'était l'heure de l'apéritif. Le verre en main, les connaissances s'ébauchèrent et se consolidèrent.
On remarque les délégués suédois, à la casquette blanche, les Italiens, les Belges, etc , tous d'une gaieté exubérante, comme il sied à la jeunesse.
Les membres du comité, délivraient sans relâche les billets de logement et indiquaient des restaurants aux nouveaux venus, que de dévoués commissaires pilotèrent par la ville.
La soirée - Retraite aux flambeaux
A neuf heures, Brouhaha, Lampions, Rires, Chansons, chacun des étudiants muni d'un lampion, Gérard rangea en ordre de bataille ses bigophones, et le cortège s'ébranla, majestueusement précédé par les pompiers, le garde champêtre et le maire de Pintenville.
Ces étudiants comptés par centaines, arrivant sur le champ de foire en monôme, surprirent un peu forains et visiteurs ; mais les bigophones, toujours ardents, poursuivaient leur itinéraire, sans s'arrêter, sans se lasser.
On passa par les rues Guerrier?de?Dumast, Stanislas, Mazagran, Saint?Jean, des Dominicains. Nombreux étaient ceux qui, de leur fenêtre, regardaient le cortège en costume sommaire…ce qui leur valut d'ailleurs des " chics " ordonnés.
Le cortège, suivi d'une foule turbulente, arrive place Stanislas et se forme en monôme ; l'orchestre, réuni devant la statue fait entendre ses airs les plus entraînants, tandis que le monôme se continue autour de la place, jusqu'au cercle.
Le punch
Il était près de dix heures lorsque la retraite parvint à l'hôtel des étudiants. Après le " salut au drapeau " et les hourras frénétiques de ces centaines de poitrines, tous rentrèrent au cercle, où un punch était servi.
Le discours
M. Féry, président de la S. G. E. N., prit place à la tribune, ornée de tous les étendards des sociétés représentées.
En quelques mots heureux, il souhaita la bienvenue aux étudiants français et étrangers, les assurant de la sympathie de leurs camarades nancéiens. Ses dernières paroles, comme celles de tous les orateurs qui suivirent, furent saluées d'un triple ban. M. Jules Malbrun, délégué des étudiants bruxellois, déclara tout d'abord, en sa qualité de délégué perpétuel, que les examens qui avaient empêché ses camarades de venir au congrès ne l'avaient nullement gêné, il leva son verre aux étudiants français et étrangers, à la France et à la Lorraine et enfin " à la Fraternité estudiantine qui prépare la fraternité des peuples ".
Un délégué suédois exprima, dans les quelques mots de français qui lui étaient familiers, la joie qu'il éprouvait de se trouver parmi les étudiants français ; il termina en invitant tous les délégués à crier avec lui : Vive Nancy !
Un délégué de Lille apporta le fraternel salut des camarades lillois et rappela que Lille lut le berceau de l'Union nationale ; il but à l'Union nationale, aux étudiants de Nancy et à la fraternité estudiantine.
Un Algérien rappela le récent congrès d'Alger, les sentiments patriotiques animant les étudiants algériens, qui sont des Français ; il porta un toast aux organisateurs, à la Lorraine, gardienne de l'honneur national, à la France, aux délégués étrangers et à Nancy.
Un étudiant de Montpellier leva son verre, à tous et surtout aux Nancéiennes.
Après lui, un des délégués de la Société de Paris porta un toast spirituel, à Nancy, à la Lorraine, et aux étudiants de Nancy.
Au nom des étudiants en médecine et en pharmacie d'Amiens, un congressiste dit l'honneur que c'était pour lui d'assister à ce congrès; il apporta aux congressistes le salut des étudiants amiennois.
Enfin, des étudiants de Dijon, Aix, Marseille, Besançon, Toulouse, Poitiers, burent à la prospérité de l'Union et à leurs camarades nancéiens et étrangers.
Le délégué de Lyon eut un noble élan envers les malheureux étudiants arméniens, victimes de la cruauté des Turcs, et pour clore cette longue série de toasts un des étudiants de Strasbourg, profondément ému, exprima les sentiments d'affectueuse camaraderie qui unissent les Strasbourgeois aux Lorrains, et termine en les invitant à venir lundi à Strasbourg. Ses dernières paroles provoquent une ovation indescriptible : toute la salle debout écoute la Marseillaise, et la partie sérieuse étant finie ... l'on s'amuse.
Simpol, réclamé par tous, fit un sermon de circonstance aussi spirituel et même plus que le sujet le permettait.
Après lui, le délégué bruxellois, " le Gros Jules ", comme on le nommait déjà, récita benoîtement des vers du crû ; le maire de Pintenville lui succéda; chorale et bigophones s'en mêlèrent et il était près de minuit lorsque les derniers congressistes partirent chercher un repos bien gagné ou faire l'ultime visite à la foire, ou encore se joindre aux groupes turbulents, qui traînant les vestiges de leurs lampions et affirmant une exubérance intacte, s'engouffraient à la Brassserie-Lorraine. Le concert venait de finir, mais ils obtinrent sans peine que l'orchestre s'installât pour eux devant ses pupitres pour exécuter une marche dont le choc des soucoupes, les bravos, les exclamations, les mirlitons, les xylophones improvisés à coup de baguette sur les verres et les chants scandaient chaque ritournelle.
La première journée du congrès est finie, Nancy garde pour quelques jours encore des hôtes jeunes et ardents, qui demain parleront aux leurs des beautés de la cité lorraine, des merveilles de son industrie et de la fraternelle réception que leur firent leurs camarades lorrains.
Les sociétés d'étudiants qui ont envoyé des délégués sont :
Alger, Poitiers, Dijon, Strasbourg (Association pharmaceutique et Cercle alsacien?lorrain), Angers, Aix, Amiens, Besançon, Caen, Lille, Lyon, Montpellier, Paris (Union amicale des étudiants, la Corporative de la médecine, l'Association générale), Reims, Toulouse, Bruxelles, Liège, Stockholm, Upsala, Pise, Marseille.
Le congrès des Étudiants en Pharmacie
Le congrès des étudiants coïncide avec le deuxième congrès des étudiants en pharmacie qui s'est préparé brillamment durant la journée de jeudi.
Dès 8 heures du matin, une nombreuse délégation s'est rendue à la gare pour recevoir les délégués de Montpellier et d'Alger. A midi, dans le même apparat, on a reçu les Strasbourgeois, venus en grand nombre et qui chérissent en Nancy la grande sœur de leur patrie. Ensuite, les Parisiens, les congressistes de Poitiers, Amiens, Reims, Angers. Un dîner intime a réuni tous les congressistes à l'hôtel de l'Univers.
Les connaissances furent rapidement faites. La soirée fut marquée par une brillante retraite aux flambeaux par toute la ville, accueillie avec sympathie par le café des Deux Hémisphères et terminée par un punch de réception dans les salons Walter, offert par l'Association amicale de Nancy à ses invités.
Au programme : une partie musicale bigophoniste très applaudie, une partie concert avec le concours de différentes associations, et une pièce dramatique : Casa-calla très bien interprétée et fort applaudie. Suivit une petite allocution de deux étudiants strasbourgeois MM. Keller et Vogelweith.
Et après minuit les congressistes se séparèrent en se donnant rendez?vous pour le lendemain.
Les réceptions et la journée de vendredi.
Vin d'honneur à l'hôtel de ville.
Vendredi, dans la matinée, le comité de l'Union, le comité d'organisation du congrès et les présidents des diverses délégations se sont réunis à l'hôtel des étudiants, puis sont allés rendre visite à M. Bonnet, préfet de Meurthe-et-Moselle, qui salua les nombreux congressistes, heureux de constater la fraternité qui les lie ; il dit aux étudiants étrangers, l'excellent souvenir qu'il a conservé de leurs aînés, et à M. Adam recteur de l'Université, qui leur souhaita la bienvenue et eut un mot aimable pour chacun des délégués.
Ces visites terminées, les étudiants sont allés chercher les drapeaux au cercle, et le cortège s'est formé pour se rendre à l'hôtel de ville, où un vin d'honneur était offert par la municipalité.
M. Beauchet, maire, assisté de ses adjoints, a reçu les délégations d'étudiants dans le grand salon.
M. Féry, président de la Société des étudiants de Nancy, a présenté les délégations à M. le maire.
Il a déclaré que tous les étudiants étaient épris des sentiments de liberté et de justice, et que, pendant les deux jours du congrès, ils allaient travailler pour tenter d'améliorer la vie morale et matérielle de l'étudiant.
M. Féry remercie ensuite la municipalité d'avoir bien voulu recevoir les délégations ; M. le maire d'avoir accepté la présidence d'honneur du congrès et la ville tout entière pour son accueil que l'arrivée des délégations étrangères leur a permis de juger déjà si large.
M. Beauchet, dans sa réponse, a dit combien il était heureux d'accueillir les étudiants dans notre cité, qui est des arsenaux de la science moderne où les jeunes gens peuvent puiser les meilleures armes pour la lutte pour la vie.
M. le maire remercie ensuite les étudiants d'avoir apporté dans la cité le charme de leur animation et de leur belle jeunesse. Il dit que sa joie d'ancien étudiant se double de celle d'un ancien professeur, prêt, malheureusement, fait-il observer, à prendre sa retraite.
M. Beauchet rappelle ensuite que sa vie d'étudiant eut des jours bien tristes, car c'est le jour de l'occupation de Nancy qu'il passait son examen de licence, et la sévérité des juges se ressentit de l'impression de ces moments angoissés. Il dit aussi qu'après la guerre, les étudiants ne purent donner libre essor à l'exubérance de la jeunesse, car ils assistaient alors au relèvement de la France, qui s'épanouit enfin par la magnifique Exposition de 1878.
M. le maire félicite les étudiants de s'être groupés, car, dans leur association, dit?il, ils sont une belle école de libéralisme, et plus tard, dans la vie, bien des divisions s'effaceront aux souvenirs de ces fêtes.
En terminant, M. Beauchet donne le conseil aux étudiants d'être gais pendant leurs années d'études et de se souvenir des paroles du sage qui a dit : " Vivons heureux ", et qu'ils emportent de Nancy une provision de saine gaieté et les plus agréables souvenirs.
S'adressant enfin aux étudiants étrangers. M. Beauchet rappelle qu'en Suède il a conservé après ses voyages des amitiés sincères. Aux délégués de Strasbourg, il dit : " Vous qui êtes des provinces séparées par la conquête brutale, dites?vous bien que si la Force prime, le Droit, la Force ne peut fonder le Droit. "
Prenant alors sa flûte de champagne, M. Beauchet la choque contre, celle de M. Féry en s'écriant: " A vous tous, messieurs ! "
Les flûtes s'entrechoquent, puis M. Chaumont, de Dijon, président de l'Union nationale des étudiants de France, déclare que tous les étudiants conserveront le plus aimable souvenir de Nancy.
M. le maire répond en quelques paroles, et chaque président de délégation lui est présenté. Le délégué de Poitiers lui adresse également des paroles de bienvenue.
Après le champagne, un ban à triple queue et un ban d'honneur sont battus par tous les étudiants qui vont ensuite admirer le splendide panorama de la place Stanislas, du haut du balcon de l'hôtel de ville.
De l'hôtel de ville, les étudiants se rendent au musée de peinture, mais au préalable, à la sortie de l'hôtel de ville, formés en groupe, drapeaux au centre, au pied de la fontaine de Neptune, ils ont posé devant l'objectif du photographe, admis désormais à perpétuer le souvenir de toutes ces réunions.
La séance d'ouverture du Congrès
La séance d'ouverture du congrès a en lieu vendredi à 2 heures et demie de l'après-midi, dans le grand amphithéâtre de la Faculté des lettres, décoré de trophées de drapeaux.
M. le recteur Adam présidait, ayant à ses côtés MM. Blondel, doyen de la Faculté de droit; Floquet, doyen de la Faculté des sciences ; Auerbach, doyen de la Faculté des lettres ; Arth, directeur de l'Institut chimique ; Ducrocq, notaire à Lille, fondateur de l'Union nationale des étudiants ; Chaumont, son président ; Féry, président de l'Association des étudiants de Nancy.
La séance a été ouverte par une chaleureuse allocution de remerciements qu'adressa M. Féry aux autorités universitaires présentés et aux congressistes.
Ensuite, M. Chaumont, en excellents termes, exprima toute la gratitude de ses camarades pour l'accueil chaleureux qui leur est réservé par les étudiants nancéiens.
Et l'orateur termine en souhaitant - dans une phrase latine - longue vie et prospérité à l'Université de Nancy.
M. le recteur, au nom du ministre de l'instruction publique, M. Doumergue, et du directeur de l'enseignement supérieur, M. Bayet, déclare maintenant le congrès ouvert.
Il salue d'abord les étudiants étrangers et rappelle que Nancy est avec Grenoble l'Université de France qui en comprend le plus.
M. le recteur adresse également ses souhaits de bienvenue aux " étudiants français, fleur de jeunesse de la nation. "
En termes très élevés, il montre l'Université de Nancy, placée aux avant-postes de la science française se réclamant de la devise de Berthelot : " Tout pour la science et pour la patrie, "
L'orateur évoque les fastes de l'Université de Nancy.
Le président d'honneur des associations d'étudiants de France, M. Raymond Poincaré, qui présidera la séance de clôture du congrès, y prit des grades universitaires.
Et son cousin, M. Henri Poincaré, le très illustre mathématicien de notre époque fit ses études secondaires au lycée de cette ville.
M. Adam définit le caractère particulier de l'Université lorraine, héritière des nobles traditions de l'Université de Strasbourg.
Si les Bichat et les Blondlot sont, en effet, d'origine lorraine, les Haller et les Pfister sont, en effet, des Alsaciens.
Passant à un autre ordre d'idées, l'orateur voit avec grand plaisir des manifestations comme celle d'aujourd'hui.
Aux heures troubles de l'époque présente, c'est un spectacle rassurant et consolant que celui de l'union d'une jeunesse ardente et studieuse.
Certainement, son union, plus étroite encore, pourra amener une heureuse solution des problèmes politiques et sociaux qui se posent d'une façon si angoissante.
Dans sa péroraison, M. le recteur rappelle l'épisode d'Hector et d'Andromaque que conte le vieil Homère.
Avant la bataille, Hector remet à Andromaque le jeune Astyanax et lui recommande d'en faire un homme " plus courageux encore, meilleur que son père. "
Ainsi les jeunes générations d'étudiants doivent s'efforcer de surpasser celles qui les ont précédées dans la vie.
Après M. le recteur, M. Ducrocq expose le programme de l'union nationale des étudiants et il s'attache à montrer le but intellectuel, moral et philanthropique qu'elle poursuit.
Après la séance d'ouverture, les congressistes ont poursuivi leurs travaux dans diverses commissions.
Congrès pharmaceutique (suite).
Vendredi, à 2 heures, M. Cloris, président de l'Association des étudiants en pharmacie de Nancy, présenta à M. Godfrin, directeur de l'École les délégués des Associations de Paris, Strasbourg, Montpellier, Poitiers, Alger, Angers, Lille et Lyon.
1 M. Godfrin répondit en les assurant de sa sollicitude et des liens unissant les professeurs aux étudiants.
Aussitôt après eut lieu la visite de l'école et de l'Institut pharmaceutique et %près 3 heures les travaux du congrès commençaient dans le grand amphithéâtre de l'École de pharmacie.
M. Godfrin ouvrit la séance en félicitant les étudiants de l'École de Nancy de leur' initiative, et engagea les congressistes à aller dans la voie du progrès.
Il fut ensuite procédé à l'élection du bureau.
Sont élus : président, M. Cloris, de Nancy; vice-présidents, MM. Arquevaux, de Paris, et Travaille, d'Angers ; secrétaire général, M. Godfrin, de Nancy ; secrétaire-adjoint, M. Bouvain, de Paris ; trésorier, M. Houliez, de Lille ; membres du comité MM. Gorbier (Montpellier), Pergent, de Reims; Fradin (Poitiers).
Le bureau examina l'ordre du jour et M. Travaille, délégué d'Angers, développa un rapport ayant trait à la suppression des herboristes.
Après lui, M. Ehrwein de Nancy, examina la légalité des remplacements dans les pharmacies.
Il était 5 heures, le comité adressa à chacun des directeurs d'école de pharmacie, des villes ayant envoyé des délégués, une dépêche les assurant de leur profonde sympathie.
La séance levée, les travaux continuent samedi matin à 9 heures.
La Soirée
Les congressistes répartis dans les diverses salles des Facultés de droit et des lettres, procédèrent d'abord à l'élection de leurs président et secrétaire respectifs.
Après la lecture des rapports provisoires, eut lieu la discussion. Il fût décidé que les rapporteurs feraient leur rapport définitif pour le lendemain matin 9 heures. Et satisfaits de leur après-midi, les étudiants se répandent par la ville.
A 5 heures, M. Littinger, de la Lorraine, leur donna une courtoise hospitalité ; ces jeunes gens joyeux, chantant et discourant, surprirent bien un peu les habitués à la manille, mais bien vite rassurés, ceux-ci reprirent leur partie… A 6 heures, un monôme, précédé des joyeux étudiants rémois se rendit à la gare par la rue Saint-Jean, traversa les Reunis, et accompagna au Cercle, par les rues St-Jean, des Dominicains et la place Stanislas, de nouveaux délégués.
Signalons entre autres une… étudiante toulousaine, les retardataires de Dijon, Caen, Strasbourg, Toulouse et Reims.
Le passage de ces bruyants monômes dans nos grandes artères provoqua naturellement un vif mouvement de curiosité de la part des Nancéiens, surpris de cette exubérante gaîté estudiantine.
Ce fut ensuite le traditionnel apéritif au cercle, et tous s'en furent souper pour se retrouver après 8 heures au cercle, où avait lieu…
La fête intime
spécialement réservée aux congressistes.
Ceux-ci sont reçus à la porte par M. R. Joffroy, l'actif commissaire général, et M. Fleck,
La salle est brillamment décorée et illuminée.
Aux premiers rangs prennent place les délégués officiels, entourant M, Féry, président.
Les étudiants suédois, MM. Mosellius et Palmé sont très remarqués.
Que dire de cette soirée, qui fut en tous points réussie et durant laquelle les étudiants fraternisèrent, levant leur coupe à la France et à tous les étudiants.
Le programme habilement exécuté par des artistes amateurs, était très bien compris.
Signalons au hasard MM. J. Gérard, Scolari, Jacquelin, de Sivry.
M. Chambe, ancien vice?président de l'A. E. N., fut très applaudi dans deux magnifiques solos de violon.
Toute la salle reprit en chœur le chant dit Vin Lorrain et le ,Petit Turco" dit par M. Gills...
Ajoutons que les bigophones secondèrent avec fracas leur chef Jean Gérard.
L'orchestre symphonique, composé d'étudiants nancéiens, fut habilement dirige par MM. Dry, Chambé et Collot. Il enleva avec brio de jolies fantaisies, presque toutes reprises en chœur
Le clou de la soirée fut sans contredit la pièce, œuvre de MM. Dherbois, Dry, etc. Polyte lui-même y parut, et Dherbois termina en chantant quelques airs de son répertoire, qui lui valurent de nombreux chics…
La deuxième journée du Congrès des étudiants était finie. Les uns, les plus las, partirent goûter un repos bien mérité ; d'autres, allèrent en monôme à la Viennoise, et ceux de Pintenville s'en furent par le cours Léopold dans leur bonne et paisible commune, chantant par les rues endormies, réveillant les citadins paisibles qui apparaissaient effarés dans l'entrebâillement de leur fenêtre. Et cette nocturnate durait encore que le jour commençait à poindre...
La journée de samedi
La journée de samedi fut toute consacrée aux travaux du congrès . . .
A part les congressistes, qui, dès neuf heures, étaient dans les amphithéâtres de la Faculté des Sciences, place Carnot, pour discuter et délibérer sur les rapports proposés, les étudiants nancéiens et leurs hôtes ne parurent guère avant onze heures du matin. Dans la matinée, le Cercle fut déserté, et, à onze heures, il y eut à peine une cinquantaine de congressistes à la Viennoise.
Le Congrès - Le comité
Après huit heures, le comité de l'Union nationale se réunissait à l'Université, dans l'amphithéâtre réservé aux étudiants étrangers.
Il examina les ordres du jour soumis aux diverses commissions, et remit à l'après-midi, l'élection du bureau pour l'année suivante.
La première commission
Elle s'occupe particulièrement des questions universitaires.
Elle examina tout d'abord la création d'une Université à Alger, le rapport de M. Jobert, président de l'A. d'Alger, discute la commission émet le vœu suivant, adopté à l'unanimité :
" Que le projet de loi de M. Ardaillon, recteur de l'Académie d'Alger, aboutisse dans le plus bref délai possible. "
En ce qui concerne la Vie des Facultés des lettres de province, les congressistes se rangèrent à l'avis de M. Marc Barry, de Lille, rapporteur, en demandant " que les boursiers des facultés des lettres de province, soient exempts de tous droits universitaires comme leurs camarades de Paris ; qu'il leur soit permis d'accomplir en deux périodes leur service militaire, et que les années de bourse en province, comptent jusqu'à concurrence de trois années. "
Les vœux successifs émis ensuite tendirent à demander l'égalité de situation entre les élèves de l'École normale supérieure et les boursiers de province.
La question relative aux dispenses de baccalauréat fût aussi très discutée, après les conclusions de M. Pasquet, de Montpellier ; la commission décida que " le congrès considérant qu'il a été donné satisfaction par décret, en date du 12 mai 1909, il est à souhaiter que le baccalauréat soit rigoureusement exigé pour l'inscription dans toutes les facultés. "
Relativement à l'enseignement technique, M. Languepin, de Nancy, développa son rapport, les étudiants demandent au gouvernement de réglementer l'obtention du diplôme d'ingénieur, que seuls pourront porter les étudiants pourvus d'un diplôme de l'État.
2e commission
M. Chaumont, président de l'U. N., examine la question des impôts dus par les Associations. Le congrès donne mission au Comité d'Union nationale d'accomplir les démarches utiles auprès de M. le directeur des contributions indirectes et la commission parlementaire du budget, pour assimiler les Associations d'étudiants aux cercles d'officiers.
Cette commission demanda encore " que la reconnaissance d'Utilité Publique soit poursuivie à titre individuel par chaque association ".
La 3e commission
Elle donne mission à chaque Association représentée de tenter la création de maisons d'étudiants, et indique comme moyens ceux adoptés par l'A. de Nancy, c'est?à?dire avec la collaboration de l'Université, de la Ville, des professeurs, des amis de l'Université et des étudiants.
Pour ce qui a trait aux restaurants coopératifs, on émet le vœu que les villes universitaires, possédant de riches associations créent des restaurants coopératifs sous forme de société anonyme à capital variable.
Ces deux rapports furent savamment développés par MM. Lorentz et A. Kahn, de Nancy,
L'après-midi
A 1'heure, les deux vice-présidents de l'A. de Nancy reçoivent à la gare les premiers artistes arrivant de Paris, pour le gala du soir.
Dès 2 heures, des groupes d'étudiants de toutes les sociétés partirent gaiement à travers la ville, les uns afin de visiter les laminoirs de Champigneulles, les autres se rendant aux Instituts chimique et électrotechnique.
Au Vélodrome du Montet, où avait lieu un tournoi d'escrime, arrivèrent une vingtaine de congressistes.
D'autres étudiants se rendaient au Café Glacier ou à la Rotonde s'y reposer des fatigues récentes.
Enfin, à 4 heures, tous les délégués se rendaient à l'Exposition, où une magnifique réception leur fut faite.
Entre temps, le comité s'était réuni dans l'après-midi, à 3 heures, au Cercle, pour procéder à l'élection du bureau national.
Le nouveau bureau
Sont élus membres du Comité de l'Union nationale pour l'année scolaire 1909-1910 :
Président : M. Féry, président de l'A. de Nancy.
Vice-présidents : MM., Teyssier, président de l'A. d'Aix, et Jobert, président de l'A. d'Alger.
Secrétaire général : M. Eloy, président de l'A. Lille.
Trésorier : M. Pasquet, président de l'A. de Montpellier.
M. Chaumont, ancien président de l'Union nationale, est élu membre du comité de patronage.
Le congrès des Etudiants en Pharmacie
La journée de samedi
Les étudiants en pharmacie, ne chômèrent pas non plus, durant cette journée de samedi.
Il se réunirent à 9 heures, après avoir visité une fois encore notre admirable et moderne institut pharmaceutique. M. Arquevaux, président de l'Association de Paris, présidait la réunion.
M, Bazin de Paris, a développé un rapport ayant trait à la suppression de la Fédération des Associations d'étudiants en pharmacie.
Il propose de la remplacer par " l'Association amicale des étudiants en pharmacie de France ".
Un avant projet de statuts sera déposé pour le 23 mai.
Les Internes en pharmacie. - Les, A. de Nancy et d'Angers, demandent la création de postes d'internes en pharmacie dans les hôpitaux, afin d'éviter que ces emplois soient tenus par des étrangers.
L'assemblée décide de faire des démarches auprès des autorités pharmaceutiques et parlementaires et de faire appel au concours de la Presse.
Service militaire. - M. Chayssac, de Paris, exposa ensuite la situation fâcheuse des étudiants en pharmacie sous les drapeaux.
Le congrès émit le vœu qu'à l'avenir ils jouissent des mêmes avantages que les étudiants en médecine et qu'ils puissent après la prise de leur huitième inscription et examen, obtenir le grade de pharmaciens auxiliaires.
Toutes les questions étant épuisées la séance est levée à 11 h. 10.
A la salle Poirel.
La soirée de gala à la salle Poirel fut des plus magnifiques et des plus réussies, Jamais nous n'avions assisté à une fête aussi splendide. Le vestibule et les couloirs étaient décorés de plantes et de verdure. A l'entrée des faisceaux de drapeaux se dressaient au milieu de fleurs et de palmes. Dans la salle une assistance nombreuse et élégante : toute la haute société de Nancy a tenu à rehausser l'éclat de ces fêtes par sa présence. Que de ronflantes toilettes nous avons vues là, et tout le monde a été charmant pour les délégués étrangers. Que dire du programme, sinon qu'il fut grandiose dans tout son arrangement. Une question toutefois ! Certains messieurs qui durant toute la fête n'ont cessé de flâner dans les coulisses et parmi lesquels la chronique cite tel maître de pilules " strasbourgeois ou non ", illustre dans les annales de notre vieille école, ces messieurs ont-ils réellement contribué à la bonne exécution des différentes pièces ? Ils l'affirment bien, mais un doute plane néanmoins dans mon esprit. A minuit la fête était terminée et à la sortie nous assistâmes de nouveau à un joyeux et élégant brouhaha et l'une après l'autre des fraîches toilettes, chaperonnées par de sévères habits noirs disparurent dans les équipages et les autos dont la longue file stationnait aux portes de la salle.
La nuit.
A notre tour nous quittâmes puis nous fûmes entraînés dans un café, La Viennoise je crois. Ici mes souvenirs sont un peu confus. Je revois comme dans un brouillard " l'oncle " inépuisable qui avec le rédacteur " des olives " ne cessait pas de payer du champagne. J'entends encore les présentations qui lui furent faites -de présidents imaginaires d'associations non moins fictives d'étudiants du centre de l'Afrique ou de la Chine. Et l'oncle payait toujours ! Etait-ce un rêve, ou la réalité - Soudain je vis et entendis à l'Exposition un de mes camarades d'Alsace faire une sérénade ; sérénade du reste fort peu récompensée, car c'est en vain que l'ami attendait. Puis ce furent encore mille allées et venues, soudain j'entendis la clef tourner dans la serrure et ce fut le silence absolu. Il faisait grand jour, lorsque je fus réveillé par un formidable fracas ; c'était un voyageur qui protestait d'une voix de stentor de ce qu'on ait échangé les mignonnes chaussures de sa compagne contre d'informes souliers de touriste. Ce fut dans les corridors, dans les escaliers une chasse bruyante après les brodequins déserteurs. On finit par les trouver montant la garde devant la porte de l'ami.
Concert place Stanislas
Dimanche 23 mai, un concert fut donné sur la place Stanislas, de 8 heures à 10 heures du soir, en l'honneur du, 3è congrès de l'Union nationale des Associations d'étudiants. - En voici le programme :
1. La marche Lorraine, de L. Ganne.
2. LouisXLV, de Millot.
3. T'en souviens tu - valse, - de Tourin.
4. Cordialement, de Perpigni.
5. Sifflez Pierrette, de Popy.
6. Thérésine, valse,
7. Tous en coeur.
8. Allegro militaire.
Les Etudiants à l'Exposition
En l'honneur du congrès des étudiants de France, l'Exposition était illuminée les samedi 22 et dimanche 23, de 8 h. 1/2 du soir à minuit.
Les musiques jouaient à partir de 8 h. du soir.
La journée de dimanche.
Séance solennelle de clôture. Dimanche matin à 10 heures, arrivaient à l'Université de nombreux étudiants et les notabilités.
La musique du 26è d'infanterie, réuni dans la cour attendait l'ouverture.
A 10 h. 1/2, tous les congressistes se pressaient dans le grand amphithéâtre de la Faculté des lettres superbement décoré. M. Poincaré est reçu à l'entrée par M. le recteur Adam. La musique du 26è joue la Marseillaise et congressistes et officiels se rendent dans la salle.
Sur l'estrade, prennent place : M. Raymond Poincaré, sénateur de la Meuse, membre de l'Académie française, ayant à sa droite M. Adam, recteur de l'Académie de Nancy, et à sa gauche, M. Bonnet, préfet de Meurthe-et-Moselle, à leurs côtés, MM. Jean Grillon, député de Nancy, les doyens Blondel, Floquet ; MM. Vogt, directeur de l'Institut électrotechnique, Féry, président de l'Union nationale ; Chaumont, ancien président, et tous les délégués porte-étendarts des diverses associations.
Remarqué dans la salle MM. Dessez, inspecteur d'Académie, Barrabino, et de nombreuses notabilités nancéiennes.
M. Raymond Poincaré, président, donne la parole à M. Féry, président de la S. G. E. N.
Au nom des délégués de toutes les associations universitaires françaises, représentées au congrès. M. Féry remercie M. Poincaré de l'honneur qu'il fait aux étudiants français en présidant cette séance de clôture.
Il rappelle le but de solidarité poursuivi par toutes les associations universitaires et termine en disant que secondés comme ils le sont, les congressistes peuvent bien augurer de l'avenir.
Discours de M. Poincaré. - M. Raymond Poincaré se lève ; d'une voix ferme, rendant admirablement, sa pensée, il répond à M. Féry.
" Je ne me doutais guère, dit-il, que les fonctions de président me procureraient une si grande joie. Dans quelque lien que ce soit, c'eût été pour moi, très agréable ; mais Je ressens aujourd'hui une émotion très douce en me voyant parmi vous, dans ce Nancy dont pas une pierre ne m'est étrangère, L'orateur évoque les belles années de sa jeunesse, les souvenirs et son passage dans notre Université… Je suis lié à vous par un triple lieu de reconnaissance et aujourd'hui je goûte ce charme mélancolique de ce rajeunissement éphémère...
M. Poincaré montra l'évolution constante des Universités ; il prouva qu'actuellement elles ont pour principe supérieur la vérité : l'unité de la science. Il revendiqua comme un honneur d'avoir contribué à la création de ces Universités de province et rappela les efforts des étudiants dans ce but.
Il termina en disant ce que sont ces congrès nationaux et internationaux d'étudiants et engagea ceux-ci à poursuivre leur but, conforme à leurs aspirations généreuses de jeunes hommes, et les salua en ajoutant: Vive la jeunesse des écoles !
Après M, Poincaré, M. Kahn, l'actif vice-président de la S. G. E. N., dit les divers vœux émis à l'issue du congrès de l'Union nationale.
M. Poincaré promit d'en aviser le Congrès.
Il était près de onze heures et demie, le congrès national des étudiants était officiellement terminé...
C'était des Étudiants en pharmacie dimanche matin, la séance de clôture du 2è congrès des étudiants en pharmacie. Toutes les questions ayant été discutées, il ne restait plus qu'à déposer les conclusions. Les divers vœux suivants ont été émis:
Élever le niveau des connaissances exigées pour le diplôme d'herboriste, de manière à désencombrer la pharmacie de leur parasitisme.
- Être assimilés aux étudiants en médecine vis?à?vis de la loi militaire, c'est-à-dire pouvoir arriver rapidement au grade de pharmacien auxiliaire, ces emplois ne devant pas grever trop lourdement le budget de la guerre, à cause de leur petit nombre, ensuite pouvant rendre de grands services, qui en ce moment sont fortement rétribués au point de vue des analyses de matières alimentaires
- Avoir le droit légal de faire des remplacements après avoir été reçu à l'examen de première fin d'année et des gérances après la première inscription.
- Faire une pression énergique autant auprès de la presse que du parlement pour hâter la création d'internes en pharmacie, dans des villes comme Nancy et Angers, où le besoin s'en fait sentir.
- Empêcher les pharmaciens étrangers non munis du diplôme officiel de s'installer en France.
L'assemblée règle les statuts de l'Association amicale des étudiants en pharmacie de France, dont le comité sera chargé d'organiser le prochain congrès.
Le président de l'A. A. de Nancy, le camarade Cloris, remercie vivement les congressistes de s'être rendu en aussi grand nombre à l'appel de leurs camarades de Nancy. Malgré des obstacles réels, il espère qu'ils auront conservé de " Nancy la coquette " un bon souvenir et désire voir le beau travail du Congrès ne point rester stérile.
La séance était levée à 11 heures.
A midi, un banquet présidé par M. Scbmidt, député des Vosges, réunissait dans les salons Walter, superbement décorés pour la circonstance, tous les congressistes et les autorités s'intéressant au monde pharmaceutique.
Une franche cordialité ne cessa de régner pendant tout le repas et au champagne de nombreux toasts furent portés.
M. Cloris retrace en quelques mots l'historique de l'A. de Nancy, et remet tous les vœux du Congrès entre les mains de M. Schmidt, dont il est assuré du dévouement.
Le camarade Travaillé, d'Angers, au nom des congressistes étrangers, remercie ses amis les Nancéiens de les avoir reçus avec autant de cordialité.
M. Kahn, vice-président de la S. G. E.N., rappelle les liens de solidarité qui ont toujours uni l'A. à sa grande sœur, solidarité qui n'a pas cessé un seul instant de se manifester pendant toute la durée du Congrès.
M. Ruttinger espère que les congressistes remporteront un bon souvenir de Nancy.
M. Lafontaine est très touché de voir que l'A. a pensé en cette solennité à sa sœur aînée, l'A. des anciens élèves.
M. le prof. Godfrin loue les étudiants en pharmacie de Nancy d'avoir pris l'initiative d'un congrès où se sont établis de nouveaux liens de camaraderie.
M. Schmidt est très touché d'avoir été choisi pour présider le banquet. Il y salue la présence des Alsaciens-Lorrains venus en grand nombre : " Ils ont compris que leur place était ici, car ils sont nos frères intellectuels, nos frères de race. " Il promet de prendre en main les voeux émis au congrès, et félicite les étudiants d'aujourd'hui d'avoir facilité la carrière des étudiants futurs.
Il souhaite que le pharmacien soit de plus en plus " l'agent de vulgarisation scientifique, l'éducateur au point de vue de l'hygiène sociale... " ; le pharmacien contribuera aussi au relèvement matériel, intellectuel et moral de notre pays..
Enfin M. Vogelweith, président de l'A. des pharmaciens Alsaciens-Lorrains de Strasbourg quitte avec émotion Nancy et les bons camarades qu'il y a trouvés.
La série des toasts est terminée par M. Keller, premier secrétaire de l'Association de Strasbourg qui en exposant les pensées, que le sympathique député alsacien M. Laugel a dévelopé dans son " Avenir intellectuel de l'Alsace ", exerce une grande impression sur la nombreuse assistance et fut longuement applaudi et félicité personnellement.
En voici son discours :
MESSIEURS ET CHERS CAMARADES
Voici bientôt l'heure arrivée où nous devrons vous quitter, vous et ce cher pays - et il ne nous reste plus qu'à vous remercier du bon accueil. C'est le cœur gros, je vous l'assure que nous rentrons à notre vieux Strasbourg, et nous éprouverons avec plus de peine encore qu'auparavant que la frontière nous sépare. Mais nous saurons que là-bas, de l'autre côté des Vosges on se souvient encore de nous, pauvres alsaciens-lorrains, qui dans notre histoire bien triste quelquefois mais glorieuse quand-même étions éprouvés par les chocs des deux grandes nations entre lesquelles le sort nous a jeté. Ce beau vallon d'un aspect si doux et si paisible avec sa fertilité merveilleuse n'était pas toujours si calme, si rieux comme vous le verrez demain du sommet des Vosges qui l'encadrent : il fut mainte fois trempé pas le sang de nos aïeux. Notre Alsace fut souvent le champ de bataille où se discutait l'avenir des nations. Par le changement trop souvent de sa nationalité l'Alsace-Lorraine a fini par se créer sa propre nationalité à elle, indépendante de ses voisins. C'était une rude école par laquelle a dû passer notre pays ! En tirant profit des bons côtés du caractère de chacun de nos voisins cette double culture a développé l'esprit de notre pays.
Nous ne devons désormais conserver pour la France qu'un doux souvenir mêlé de tristesse, le même sentiment qu'éprouverait un frère après la perte de sa sœur chérie. Ce serait barbare d'espérer de redevenir français, car nous savons tous que cela exigerait une guerre sanglante et acharnée de frère contre frère, d'ami contre ami. Jouons plutôt le noble rôle de ces Sabines de l'histoire romaine qui, après avoir été arrachées au foyer paternel, furent de bonnes épouses quand-même, tout en restant bonnes sœurs et enfants dévotes. Comme elles, jetons nous entre les armes de nos frères et celles de nos maîtres en implorant la paix pour ceux que nous aimons et ceux que nous devons respecter. Animé par le noble sentiment de pacificateur qui ne peut qu'être approuvé par les deux grandes nations je lève mon verre en disant humblement : Soyons amis.
L'après-midi.
Les congressistes partirent à travers la ville pour l'ultime adieu.
Conduits par M. Aubry, de la S. G. E. N., ils se rendirent après 2 heures place de la Carrière, où ils furent photographiés avec les étendards ; arrivés au kiosque de la Pépinière, où jouait la musique du 26e, ils furent accueillis du son de la Marseillaise, et défilèrent autour du kiosque.
Vers 3 heures, ils se rendirent à l'Exposition qu'ils visitèrent en monôme. A 5 heures eut lieu un incident qui vaut d'être relaté... Après avoir parcouru les diverses attractions, les congressistes entrèrent au " huit volant ", mais la direction leur refusa le prix de faveur, ce que voyant, les étudiants l'envahirent et y restèrent pendant plus que deux heures - jusqu'à 6 heures et demie - en conspuant ferme la direction.
Le soir les visiteurs allèrent dans les brasseries et sur la foire, cependant que les délégués officiels se rendaient au Banquet officiel qui eut lieu à 7 heures, dans le Grand Salon de l'hôtel de ville, magnifiquement illuminé ainsi que toute la place Stanislas pour la circonstance.
M. le recteur Adam, président, avait à sa droite MM. Boutroue, chef de cabinet de M. le préfet, Ferri de Ludre, Languepin de la S. G. E. N., Herrgott, sous-préfet de Toul ; Godfrin, directeur de l'École de pharmacie ; Joffroy, commissaire général du congrès, Lorentz, etc. . . ; et à sa gauche MM. l'adjoint Chrétien, les doyens Gross, Arth ; Lebrun, député ; Féry, président de l'Union nationale ; Kahn, Mlle Cadérac, déléguée de Toulouse, et les présidents des délégations.
Les convives firent honneur au menu succulent ; la plus grande cordialité régna durant le repas, et quand vint l'heure des toasts, M. le recteur Adam donna successivement la parole à M. Boutroue, qui, dans un discours spirituel, dit le plaisir qu'il éprouvait en assistant à cette fête, présenta les excuses de M. le préfet, et but à la santé du premier citoyen de la République, M. Armand Fallières.
Après lui parlèrent successivement MM. Chrétien, Féry au nom de l'Union nationale et de l'Association de Nancy ; M. Lebrun, député ; A. Kahn, qui remercia la presse de son concours ; M. René d'Avril, au nom de la presse lorraine et parisienne ; MM. Pasquet, de Montpellier ; le président de la délégation parisienne ; les présidents de Strasbourg, d'Alger et de Lille ; enfin M. le recteur Adam, qui fit un magnifique discours.
Entre temps, le concert avait lieu place Stanislas ; après chaque discours, la musique, entourée d'une foule de badauds et curieux, exécutait la Marseillaise, reprise en chœur par les congressistes...
Et cette magnifique soirée se termina au Cercle des étudiants, où l'on sabla le champagne en écoutant les chanteurs amateurs et les diseurs spirituels que sont MM. Pol Simon, Jacquemin et Collot, cependant que MM. Aubry, Chaput et Gérard se dévouaient encore.
Ainsi se termina, dans la plus ardente gaieté, le troisième congrès national de l'Union nationale des étudiants.
Les congressistes à Gérardmer et en Alsace.
Les Congrès des étudiants se sont terminés par une excursion magnifique, qui comptera dans les annales de la jeunesse universitaire.
A 8 heures 1/4, le train spécial quitte Nancy emmenant plusieurs centaines de congressistes, Messieurs et Dames. Nous brûlons toutes les stations, sauf Épinal et Laveline : l'express, laissant dans son sillage les chansons les plus gaies, entre à Gérardmer à 10 heures 50.
En monôme nous nous rendons par le boulevard au lac merveilleux, qui fait l'admiration des méridionaux et étrangers.
A 11 heures et demie, déjeuner dans une grande salle superbement décorée de l'hôtel Cholet. Inutile de dire que, durant ce repas, les chansons se succèdent plus enlevantes les unes que les autres.
A 1 heure, M. Jules Malbrun, délégué de Bruxelles, se lève et porte un toast à l'hôte et à tous les congressistes; il boit à la fraternité estudiantine qui prépare la fraternité des peuples.
Un tonnerre d'applaudissements couvre ces dernières paroles. M. Kahn, l'actif vice-président de la S. G. E. N. lit une dépêche de M. James Robert, secrétaire du congrès, retenu aux assises de Nancy, et lui annonçant l'acquittement de l'accusé qu'il défendait, le fratricide de Grand?Failly.
Une ovation est faite à M. James Robert pour son succès et à M. Kahn.
Après lui, M. Féry, président de l'Union nationale, salue une dernière fois les délégués et donne le signal du départ pour la Schlucht et le Hohneck. Nous nous entassons dans les tramways et grimpons les pentes rapides de la forêt vosgienne qui laisse les étudiants sous son charme enchanteur.
A 2 heures 40, nous parvenons à la Schlucht d'où nous repartons à 3 heures, en car électrique vers le Hohneck.
On photographia les congressistes au sommet ; à leurs pieds ils admirèrent la superbe vallée de Munster et les crêtes françaises des Vosges,
Les excursionnistes entonnèrent la Marseillaise et redescendirent sur la Schlucht, d'où partaient à 5 heures 150 congressistes français et étrangers, conduits par MM. Féry, Kahn, Joffroy, Gérard, Chaput, Guyot et par les délégués strasbourgeois. Ils arrivèrent à Strasbourg lundi soir à neuf heures. Les autres reprirent le tramway de Gérardmer, précédés de MM. Languepin, Aubry, Collot, etc. et quittaient Gérardmer à 6 heures et demie du soir, et arrivaient à Nancy par express à 8 heures 45 bien las, mais heureux quand même de cette belle journée de fête que fut la journée d'adieux.
H. B.
Cela me mènerait trop loin que de vous raconter tous les événements qui se passèrent et qui eurent pour beaucoup surtout le charme de l'impromptu. L'hospitalité si franche, si cordiale, si fraternelle des Nancéiens nous laissera un souvenir ineffaçable de ces belles journées. Plus d'un incident du reste fut immortalisé par la photographie. C'est ainsi que Victorle nous fixa pour toujours avec les Alsaciennes de l'Exposition.
Le retour à Strasbourg.
Des billets de logement ayant été soignés par plusieurs de nos camarades restés à Strasbourg, tous les congressistes qui avaient bien voulu nous accompagner à Strasbourg trouvèrent dès leur arrivée dans notre ville à 9 heures du soir une chambre prête à l'hôtel. Un brin de toilette et l'on se réunit à 11 heures à la Taverne alsacienne. Pas plus qu'à Nancy la gaîté ne fit un moment défaut aux joyeux étudiants en vadrouille à Strasbourg. C'était la continuation de la fête. Et, comme à Nancy, ce furent après d'innombrables bocks, des toasts, des présentations, des tournées artistiques à faire frémir sur son piédestal le général Kléber et l'Homme?de?fer. Nos hôtes apprirent à connaître Strasbourg la nuit. On les mena au Riche, chez Valentin, au Lohkäs. Maints gais propos furent échangés, mainte joyeuse chanson entonnée, mainte connaissance faite. Et ma foi ! si Loulou la belle n'est pas rentrée seule cette nuit, ce n'est pas ma faute.
Après la nuit, le jour.
Pour le lendemain matin, les différents groupes s'étaient donnés rendez-vous, et séparément allèrent visiter la ville sous la conduite de camarades strasbourgeois. C'est ainsi que j'ai eu le plaisir de piloter une vingtaine d'étudiants français. Je leur fis voir d'abord les différents instituts, spécialement l'Institut pharmaceutique, je leur montrai les églises militaires, la Cathédrale, le Palais et la Délégation, le Palais impérial, la Bibliothèque, l'Université avec ses salles et son Musée archéologique, le Théâtre, le Château des Rohan, et même la fameuse auberge dite des Paysans (Bauernschänke).
A midi 20, on fut naturellement entendre chanter le coq (que le camarade Ehrwein de Nancy nous a si bien fait entendre par son fameux monologue) à la Cathédrale, puis on alla voir relever la garde au poste de l'Aubette et enfin, on alla déjeuner au " Pêcheur ". Le temps malheureusement n'était pas suffisant pour voir tout ce qu'il y avait à voir, différentes curiosités ont dû être sacrifiées, entre autres le Musée alsacien.
Pour l'après-midi, on avait projeté une excursion à Kehl, dans le Grand-Duché de Bade, et, le café pris, on traversa le pont du Rhin. Après une collation prise dans le jardin de la " Fleur ", on reprit à 5 heures le chemin de Strasbourg où nous fîmes parcourir au retour quelques-uns de nos vieux et pittoresques quartiers : le Finckwiller, la Petite-France, le Bain-aux-Plantes, etc.
La soirée devait être remplie par un grand concert à l'Orangerie, avec le concours de la Vogesia et pour laquelle nous avions adressé à nos amis, connaissances et camarades des cartes libellées, comme suit :
" A l'occasion de la visite à Strasbourg des étudiants congressistes de Nancy, la Vogesia, secondé par le Cercle des étudiants et l'Association des étudiants en pharmacie leur offrirent une soirée musicale suivie d'une petite sauterie, à l'Orangerie, mardi, le 25 mai 1909, à 9 heures du soir.
CARTE D'ENTRÉE PERSONNELLE "
(Je tiens à déclarer ici au nom de mes camarades, que si quelqu'un parmi nos amis a été oublié et n'a pas reçu d'invitation, qu'il considère cet oubli comme absolument involontaire. Nos amis savent du reste, qu'à toutes les fêtes que nous donnons, ils peuvent se présenter même sans cartes, ils pourront toujours entrer.)
D'autre part, il nous est revenu que divers membres de la Vogesia se sont plaints de n'avoir pas été invités. Or, c'est la Vogesia elle?même qui nous avait prié de ne pas inviter ses membres, car, ayant accepté, à la dernière minute, pour ainsi dire, de nous prêter son concours, notre vaillante Fanfare n'avait plus eu le temps de préparer un programme nouveau. Je tiens néanmoins à dire que tout associé de la Vogesia qui se serait présenté, même sans invitation eut été le bienvenu. Nous avons du reste, eu le plaisir de constater à notre fête différents membres de cette excellente société.
Le concert a toutefois failli être compromis par un formidable orage qui a éclaté vers 7 heures sur la ville. A 8 heures cependant, tout était rentré dans le calme. Tonnerre, vent et pluie avaient cessé ne laissant qu'une agréable fraîcheur.
Pour bien affirmer la réussite de la fête, je ne puis faire mieux, me semble-t-il, que de céder la parole à la Strassburger Post, qui, en dépit de ses tendances pangermanistes s'est montrée cette fois-ci très aimable à notre égard :
" Zu einer imposanten Kundgebung gegenseitiger Sympathie gestaltete sich die gestern Abend in der Hauptrestauration der Orangerie veranstaltete musikalische Soirée zu Ehren der als Gäste hier weilendeil französischen Studenten. Vor kurzem tagte nämlich in Nancy ein internationaler Studetenkongress, zu dem die "elsasslothringischen Studenten" eine Abordnung geschickt hatten. Letztere gaben sich nun die Ehre, die Vertreter der gesamten französischen Studentenschaft zu einem Besuch nach Strassburg einzuladen. Es waren gegen 150 Herren aus allen französischen Universitäten, Kongressmitglieder, die der Einladung ihrer elsäsischen Kommilitonen Folge leisteten. Schon der Empfangsabend in der "Taverne" am Montag nahm einen vielversprechenden Anfang. lm Laufe des Dienstags konnten die Gäste unter Leitung ihrer elsässischen Freunde die Sehenswürdigkeiten der Stadt Strassburg bewundern. Für den Abend hatte der Cercle des Étudiants Alsaciens-Lorrains, sekundiert von dem Pharmazeutenverein eine zwanglose Zusammenkunft in der Orangerie vorausgesehen, wobei die Fanfare Vogesia ihre Mitwirkung bereitwilligst zugesagt hatte. Der Ausbruch des furchtbaren Gewitters schien die Veranstaltung in Frage zu stellen, und mit Mühe und Not gelangte man über die abgerissenen Aeste und Zweige zur Hauptrestauration. Die Feier musste lm Saale stattfinden. Kurz nach 9 Uhr eröffnete die Fanfare Vogesia unter der wackeren Leitung des Herrn Xavier Schmitt den Abend mit dem bekannten stimmungsvollen Militärmarsch von Mougeot. Aber etwas langsam hielt die gute Stimmung und Begeisterung ihren Einzug in den Saal, in dem Masse nämlich, wie der Saal sich fülIte. Erst als die "Deux Commères", wobei als Solisten die Herren Ch. Koller und Ch. Freyz erwähnt seien, einen frenetisclien Beifall fanden, erst als Dirigent Schmitt mit reichlichen Blumenspenden überschüttet worden war, erst als der ewig zugkräftige Marsch "Sambre et Meuse" stürmisch verlangt und noch stürmischer begrüsst worden war, brachen sich die Wogen der Begeisterung freie Bahn. Mittlerweile war auch der Mächtige Saal des Hauptrestaurants bis auf den letzten Platz besetzt. Dem Zuschauer von der Tribüne bot sich ein eigenartiges, reizendes Bild. Die elsässische Studentenwelt war reichlich vertreten, die elsässische Bourgeoisie stellte ein starkes Kontingent. Ein reizender Damenflor in chilien Kostümen, zum Teil den ersten Kreisen entstammend, bildete die unerlässliche graziöse Note in dem internationale Stimmangsbilde. Ein besonderes Interesse verdienen die über alle Tische zerstreuten französischen Gäste. Die verschiedensten Typen der französischen Nation waren vertreten : ? vom heissblütigen Südländer an der spanischen und italienischen Grenze bis zum stämmigen blonden Flammländer ; junge Vertreter mit dem ersten Anflug eines Schnurrbartes bis zu den ehrwürdigen Semestern. Wir unterhielten uns mit AIgeriern, Bretonen, Gascognern und Provençalen. Die meisten tragen VoIlbart. Ein schwarzsammetnes Béret ist leicht über den Kopf geworfen. Die Raltung ist ebenfalls ungezwangen, manierlich, sicher. Vom Standpunkt des deutschen Korpsstudenten aus wäre die Haltung wohl als schlapp zu bezeichnen. Es sind aber nationale Unterschiede, und für solche Dinge lassen sich nicht gut objektive Normen aufstellen. lm übrigen lässt sich der Unterschied zwischen deutschen und französischen Studenten dahin präzisieren, dass es derselbe ist wie zwischen deutschen und französischen Offizieren. Die stählernen Klänge der "Fanfare" - wir erwähnen noch die Grande Fantaisie sur le Cid von Massenet und die niedliche Walzer-Idylle "T'en souviens-tu ?" - brachten immer mehr Begeisterung in die Reihen der muntern Zecher. Schliesslich ergreift der Verbandsvorsitzende der gesamten französischen Studentenassoziationen, Herr Féry aus Nancy, unter stürmischem Applaus das Wort und dankt in temperamentvollen Worten im Namen der französischen Studenten den elsass-lothringischen Studenten, der Bevölkerung Strassburgs für die überaus herzliche Gastfreundschaft, und der "Fanfare Vogesia", deren Leistungen er vor 2 Jahren im Musikwettstreit in Nancy habe bewundern dürfen, für ihre musikal. Darbietungen, cand. iur. Weigel u. stud. pharm. Keller dankten im Namen der elsass?lothringischen Studenten und gedachten der begeisterten Aufnahme in Nancy. Schliesslich erhob sich als Vertreter des Pariser Verbands Herr Julien und brachte in suggestiver Weise die Sympathien der Pariser Studenten für die elsass?lothringischen Kameraden zum Ausdruck. Die "Marche de la Lorraine" bildete den Schluss des sogenannten offiziellen Teils, und man rüstete die Lampions zu einem Festzug um den feenhaft beleuchteten See, an dem sämtliche Anwesenden teilnahmen. Der übrige Teil des Abends stand unter dem Banne der heitern Muse Terpsichorens. Mancher sehnsüchtige Musensohn aus dem Süden hatte schon längst vorher heimlich die Tribüne erstiegen, um von hoher Warte aus sich ein holdes Tätibchen aus dem Elsass zu ergattern. Spät war's, als sich die Letzten trennten. Erwähnt sei noch das Schlusswort Herrn Pasquet's von Montpellier, in dem er die Elsass?Lothringer zum nächsten Verbandstag in Montpellier einlud. "
Retraite aux lampions, illumination de la terrasse, du lac et de la cascade, ainsi que de la façade du bâtiment de l'Orangerie, tout était parfait. Le coup d'œil était vraiment féerique qu'il me soit permis d'exprimer ici à M. le conseiller Léoni, adjoint au Maire, nos remerciements de ce que sur son intervention, la municipalité aie bien voulu nous accorder gracieusement cette splendide illumination.
Quant à la retraite aux lampions, elle me laissera un souvenir inoubliable. Aux côtés de ma toute gracieuse et aimable cavalière, tandis que nous suivions avec le cortège les sentiers parfumés de notre vieille promenade, où les arbres centenaires nous faisaient de leurs branches comme un dôme protecteur, j'évoquais à part moi là délicieuse et naïve chanson :
Dans ce jardin rempli d'ivresse, Marchons ensemble à petits pas, etc.
Cependant, aux sons entraînants d'une musique, des pompiers en tête du cortège, on reprenait le chemin du Restaurant de l'Orangerie, où bientôt s'organisait un bal des plus animés.
A 2 heures et demie, on réclame un moment de silence, et M. Féry, de Nancy, prend la parole pour remercier en termes chaleureux, au nom des étudiants français et étrangers venus de Nancy, les camarades strasbourgeois pour leur accueil si hospitalier. D'autres discours sont prononcés par M. Julien, de Paris, très applaudi, et M. Maurice Pasquet, président de l'Association générale de Montpellier, qui invite les Strasbourgeois à venir l'année prochaine au congrès de Montpellier.
MM. Weiler, étudiant en droit, et Keller, étudiant en pharmacie, répondent au nom des Alsaciens. M. Keller fait une quête pour le monument de Wissembourg qui rapporte nue très jolie somme.
Mais il se faisait tard, et la plupart des Nancéiens voulaient reprendre le train le matin de bonne heure. Force fut donc d'interrompre le bal, alors qu'il battait .encore son plein. Ce furent de touchants adieux que ceux des étudiants de France à nos familles alsaciennes. Nous aussi nous garderons de leur visite un souvenir reconnaissant et ému, ils étaient venus en amis. Ils nous ont quitté en frères. Notre visite à Nancy, leur venue à Strasbourg sont de nouveaux traits d'attachement.
Au retour en ville un solennel et silencieux défilé en monôme autour de la statue de Kléber, hommage ému au grand général et citoyen; puis on va clôturer définitivement la soirée, ou plutôt la nuit, à la Taverne, que les dames Bierlein, qui avaient assisté à la fête, mirent gracieusement à notre disposition jusqu'à 5 heures et demie, où la plupart de nos amis français devaient nous quitter.
D'autres partirent un peu plus tard, dans la matinée, d'autres l'après?midi et le soir, tandis que d'aucuns profitaient pour faire une petite excursion soit dans les Vosges, soit de l'autre côté du Rhin.
Et voilà que ces belles fêtes sont finies. Je pourrais vous raconter bien des choses encore, mais cela nous mènerait, trop loin. Nous garderons de ces journées un souvenir ineffaçable, surtout ceux qui ont eu l'honneur et la joie d'assister au congrès de Nancy. Je m'arrête donc, mais non sans prier nos amis, nos anciens de nous garder leur sympathie, à nous, à la Société, au Journal, et de nous aider à l'ancienne influence à notre vieille École de Pharmacie.
Remercions encore la Vogesia de son fraternel concours, remercions avant tout son comité, son président M. Haeberlé et son infatigable et dévoué directeur, M. X. Schmitt, officier d'Académie.
Et surtout remercions nos amis, nos camarades de Nancy (Fery, Godfrin, Clovis, Ehrwein, Chaput, Joffroy, etc. etc.,) qui ont su nous rendre le séjour dans leur ville si charmant. Merci à eux et à tous les camarades de France et de l'Étranger. Merci et au revoir !